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Marketing

Vendre du gris au lieu du rose

Pawel czerwinski 1 CZC Gvc DBQ unsplash

Une autre tuile s’est abattue sur notre belle ville de Québec durant cette pleine lune bleue d’Halloween. Encore une fois, ce sentiment étrange de ne pas être « à ma place » en faisait des relations publiques au dépend d’une tragédie.

23.11.2020
Par
Karine Rancourt, K Ressource spécialisée

L’illumination en vert du Capitole Hôtel et la composition d’une publication de quelques lignes sur les réseaux sociaux qui m’a pris plus de temps qu’un communiqué tout entier à écrire. Ce sont des gestes de solidarité et d’espoir, certes, mais ils me placent dans la même zone grise qu’au début de la pandémie : où est la «ligne» entre obtenir un maximum de visibilité sans paraître opportuniste? Quels mots utiliser?

11 mars 2020 à 22h...

Faire du marketing et des relations publiques en tant de crise, ce n’est pas chose facile. Nous avons l’habitude d’écrire des communiqués de presse pour annoncer les distinctions reçues, pour parler des nouvelles offres et expériences dans les hôtels. Nous vendons du rêve, des émotions, des moments inoubliables… bref du gros bonheur!

Certes, il y a toujours ces avis malicieux à gérer qui entrent sur les réseaux, mais ils ne font pas le poids. Notre «high» à vendre notre destination, notre hôtel, du beau, est toujours bien là!

Et puis il y a eu ce texto reçu de mon client le 11 mars 2020 à 22h pour me convoquer en cellule de crise le lendemain qui a tout changé. Dès les premières minutes de cette rencontre d’urgence, j’ai senti que le vent tournait. Pour les prochains mois, je ne serais plus porteuse des bonnes nouvelles habituelles.

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Karine Rancourt, K Ressource spécialisée

Pandémie mondiale.

Fermeture des frontières.

Fermetures des régions.

Hôtels déserts.

Mise à pied massive d’employés.

Trouver le juste équilibre dans les communications.

Tous des mots qui passent mal dans la gorge et sur papier. Mais ils étaient bien réels et nous devions leur faire face.

Mettre à la poubelle les actions de mise en marché planifiées depuis des mois, trouver les mots justes pour apaiser les employés et pour informer les clients. Pour les garder captifs aussi, car nous les voulons au rendez-vous lors de la reprise des opérations.

Trouver le juste équilibre dans les communications a été un défi de taille pour les hôtels qui ont fermé pendant des mois. Continuer de publier du contenu pertinent sans les call to action, être porteur d’espoir tout en demeurant réaliste.

Nous devons séduire notre voisin!

Le défi est tout aussi grand pour nos hôtels en opération qui doivent se mettre en marché malgré les consignes émises par le gouvernement. En même temps que nous voulons crier haut et fort que nos hôtels sont plus que sécuritaires, le gouvernement interdit les déplacements entres régions. Faire de la publicité pour vendre nos chambres ou se taire pour être un bon citoyen corporatif? Étrange dualité, car la survie de nos hôtels en dépend.

Devant notre nouvelle réalité, cette recommandation va de soi: nous devons maintenant mettre toutes nos «petites» billes dans le marketing local. Nous devons séduire notre « voisin », car il est réalistement le seul qui pourra nous visiter au cours des prochains mois. Ce voisin que nous n’avons jamais courtisé, celui qui ne nous connait même pas d’ailleurs. Car lui aussi était plus intéressé par des destinations à vol d’avion. Une chose est certaine, il rêve encore d’évasion et nous devons réussir à lui vendre le «rose» que nous avons encore.

Pour terminer, je tiens à féliciter l’équipe de l’AHGM pour la mise en ligne de cette nouvelle référence pour les hôteliers. En ces temps de pandémie, il est plus que nécessaire de se serrer les coudes et de se ternir la main. Ensemble, nous reviendrons plus forts!