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COVID-19

Vaccination et reprise du tourisme

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Devant la flambée des cas de COVID-19 qui s’étend à l’échelle de la planète, le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé déclare que la situation doit être qualifiée de pandémie. Deux jours plus tard, le gouvernement québécois déclare l’état d’urgence sanitaire sur tout le territoire de la province. Le choc brutal occasionné par la pandémie et par les mesures de restrictions instaurées pour limiter la propagation du virus ont eu pour effet de plonger l’économie mondiale dans la pire récession enregistrée depuis la seconde guerre mondiale.

16.04.2021
Par
Sophie Monnier, Tourisme Montréal

Le secteur des services a été, et demeure, l’un des plus durement touché par la crise sanitaire, particulièrement ceux liés à l’industrie touristique. L’annonce d’un premier vaccin efficace contre le virus causant la COVID-19, en novembre 2020, est arrivée comme une bouée de sauvetage pour les acteurs de cette industrie touristique si douloureusement malmenée.

Credit© photo principale - Alexander Raths - Getty Images - iStockphoto

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Sophie Monnier, Analyste de recherche, Tourisme Montréal
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Course au vaccin marquée par la collaboration

La découverte d’un premier vaccin efficace contre le coronavirus causant la COVID-19 est considéré comme un exploit scientifique. Un tel résultat est habituellement obtenu au terme de 10 ans de travaux. Ce succès est le fruit de l’effort concerté de la communauté scientifique internationale et des gouvernements. La recherche déployée pour vaincre ce virus a été sans précédent. À la mi-avril 2021, l’OMS dénombrait 272 candidats-vaccins, dont 88 au stade de développement clinique chez l’homme. Une quantité énorme de fonds publics ont également été consentis pour appuyer cette recherche. On évalue la contribution financière des gouvernements à la recherche du vaccin contre la COVID-19, à l’échelle de la planète, à environ 17 milliards de dollars.

10 milliards de doses en 2021

Vacciner la planète

Maintenant qu’il existe des vaccins efficaces contre le virus qui cause la COVID-19, le prochain défi consiste à produire suffisamment de doses et à les distribuer le plus rapidement possible, afin d’immuniser 70 à 75% de la population adulte mondiale qui s’élève à 5,8 milliards de personne. L’OMS estime toutefois qu’il est peu probable que cet objectif soit atteint en 2021. L’industrie pharmaceutique a indiqué être en mesure de produire autour de 10 milliards de doses cette année, tous vaccins confondus. Cet objectif est ambitieux, car il implique de doubler la capacité de production de 2019, soit la plus forte augmentation jamais enregistrée. Des pénuries ponctuelles de matières premières ou de matériaux (ex. verre pour les flacons) permettant de fabriquer les doses sont probablement à prévoir, particulièrement dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement sont sous pression en raison de la pandémie.

Distribution de vaccins : un début semé de quelques embûches

La distribution des vaccins a débuté en décembre 2020. Dans plusieurs pays, la logistique de l’opération a été confié à l’armée en raison de sa complexité. Les militaires comptent en leurs rangs de nombreux experts permettant de mener à bien cette délicate mission. La plupart des états ont privilégié la vaccination des travailleurs de la santé et des personnes plus âgées, car ces groupes présentent un risque plus élevé. Les campagnes de vaccination ont cependant été ralenties par des problèmes de livraisons. En janvier, la pharmaceutique Pfizer a dû décaler l’envoi de doses en raison d’un retard dans l’agrandissement d’une usine. L’Europe et le Canada ont alors connu une baisse d’approvisionnement, retardant du même coup leur campagne de vaccination. Plus récemment, des difficultés manufacturières ont obligé AstraZeneca à ralentir ses livraisons vers l’Europe continentale. Ceci s’ajoute au fait que la pharmaceutique est confrontée à des craintes sur la dangerosité de son vaccin. AstraZeneca a annoncé vouloir fabriquer 3 milliards de doses de vaccin en 2021, ce qui en fait le plus important producteur mondial.

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Israël a conclu une entente avec Pfizer pour l’achat de doses en échange d’un partage de données sur l’impact du vaccin sur sa population.
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La vaccination progresse plus rapidement que le virus, surtout en occident

La propagation de la COVID-19 depuis le début de la pandémie fut fulgurante avec un total de 138 millions de personnes infectées dans le monde. Mais, malgré les retards évoqués plus haut, la vaccination affiche une progression encore plus rapide avec 825 millions de doses administrées au cours des 4 derniers mois. Depuis le début de 2021, 58 millions de doses ont été administrées dans le monde en moyenne par semaine. Près de la moitié de ces doses ont été injectées aux États-Unis, en Europe et au Canada, alors que ces régions ne représentent que 14% de la population mondiale.

Comme l’illustre le graphique ci-dessous, Israël arrive au premier rang au classement mondial de la vaccination. Le pays a conclu une entente avec Pfizer pour l’achat de doses en échange d’un partage de données sur l’impact du vaccin sur sa population. Près de 85% de la population adulte israélienne est complètement vaccinée. Dans les pays occidentaux, le Royaume-Uni et les États-Unis dominent le classement avec un nombre de doses par 100 habitants de 59 et 57, respectivement. Le Canada et l’union européenne se situent à 23%. Le Québec arrive un peu au-dessus de la moyenne canadienne.

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Doses de vaccins administrées par 100 habitants

L’impact de la vaccination au Québec se fait déjà sentir

La campagne québécoise de vaccination semble maintenant bien démarrée et une accélération des livraisons est même à prévoir dans les semaines à venir. De plus, certains indicateurs montrent que la vaccination commence déjà à porter fruit. Bien qu’on ait assisté à une diminution des nouveaux cas, des hospitalisations et des décèsdans la province au cours du 1er trimestre de 2021, en raison des mesures de confinement imposées à la population, l’ampleur des baisses augmente avec l’âge. Ainsi, de janvier à mars, on note une réduction de 57% du nombre mensuel de nouvelles infections pour l’ensemble de la population. Pour la même période, la baisse se chiffre à 72% chez les 70-79 ans, à 83% pour les 80-89 ans et à 87 % pour les 90 ans et plus.

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3e vague et variants

Malheureusement, une 3e vague d’infections due à la progression de variants du virus vient jeter une ombre au tableau et retarde le moment où un déconfinement plus important sera possible. À l’échelle de la province, ces variants sont maintenant dominants et représenteraient plus de 70% des nouveaux cas. Le variant d’origine Britannique est le plus répandu au Québec et au Canada. Il inquiète, car il est non seulement plus contagieux, mais aussi plus mortel. De plus, il semble s’attaquer davantage aux jeunes qui ont été relativement épargnés par la pandémie jusqu’à maintenant et qui ne sont pas encore vaccinés. Heureusement, les vaccins utilisés au Canada sont efficaces contre ce variant. Un autre point positif est que le taux d’adhésion des Québécois à la vaccination a grimpé de 12 points depuis novembre pour s’établir à 74%. La course à la vaccination devient donc cruciale si l’on veut aplanir la vague le plus rapidement possible.

Boom de la consommation de services dans la lorgnette

Sur le plan économique, le choc lié à la pandémie est derrière nous. La reprise est bien engagée, tant en Amérique du Nord qu’à l’échelle mondiale. Les mesures gouvernementales de soutien du revenu combinées au ralentissement de la consommation ont eu pour effet de faire bondir le taux d’épargne des ménages en 2020 à un seuil jamais vu depuis la fin de la 2e guerre mondiale. Les années qui ont suivi le conflit ont été caractérisées par un boom sans précédent de la consommation de biens, qui avait été fortement restreinte durant la guerre. Un parallèle avec la pandémie actuelle est tentant, car le monde est à nouveau frappé par une perturbation de nature non-économique, causée par des facteurs externes et qui entraînent des restrictions. La différence est que la situation présente a eu un impact sur la consommation de services, particulièrement ceux en lien avec la culture, la restauration et le tourisme, puisque les gens ont pu continuer à acheter des biens.

La découverte de vaccins a ravivé l’espoir d’une fin imminente à la pandémie de COVID-19. Après un début légèrement tumultueux, les campagnes de vaccination semblent maintenant avoir le vent dans les voiles, notamment au Québec. Les variants du virus sont cependant venus ajouter un défi supplémentaire à une situation sanitaire encore fragile. Il devient donc crucial de redoubler d’efforts dans la course à la vaccination afin de maîtriser la situation. Le Québec peut compter sur une forte adhésion de ses citoyens en faveur de la vaccination. La situation financière des consommateurs étant au beau fixe, il y a donc fort à parier que, lorsque la pandémie sera derrière nous, une demande refoulée ne demandera qu’à être satisfaite. Par conséquent, il va de soi que la vaccination représente la clef de la reprise du tourisme.

SOURCES

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