ananas
Répertoire de fournisseurs-partenaires

Profil d'hôtelier

Ian Marceau

Library 5375

Portrait d’hôteliers - Série CA de l’AHGM. Dès qu’on lui a proposé de faire une entrevue, Ian Marceau, directeur général de l’Hôtel Renaissance Montréal Centre-ville, a tout de suite accepté, mentionnant toutefois être mal à l’aise qu’on lui porte cette attention. Cette timidité cache plutôt une humilité qui caractérise la plupart des hôteliers tellement ils préfèrent porter l’attention sur leurs invités que sur eux-mêmes.

25.01.2021
Par
Kim Cadieux, AHGM

Voici donc le portrait d’un homme drôle et généreux qui ne recherche pas la gloire, mais souhaite plutôt faire une réelle différence sur l’expérience des clients et sur son équipe.

Ian crop
Ian Marceau, directeur général de l’Hôtel Renaissance Montréal Centre-ville
Fond h

Gestion et communication

Présentez-vous, parlez-nous de votre parcours et de ce qui vous a attiré en hôtellerie. Quelles sont les étapes marquantes de votre carrière?

Mon parcours n’a vraiment rien d’unique! C’est un mélange d’un peu de chance et de bons conseils. Lors du cours d’éducation au choix de carrière à la fin du secondaire, contrairement à d’autres de mes amis qui s’étaient faits conseillés de devenir fleuriste ou clown, pour moi, la recommandation était assez juste. D’emblée, on m’a proposé l’ITHQ évoquant que ça marierait bien les deux aspects de ma personnalité: la gestion et la communication. Je me suis rendu pour une visite et j’ai tout de suite été charmé; comme si j’avais trouvé mon nid. Fait cocasse: j’avais comme collègues de classe, Bertil Fabre et Chantal Riopel, deux gestionnaires bien connus dans l’hôtellerie à Montréal!

La fin de mon DEC coïncidait avec une nouvelle collaboration entre l'UQAM et l'ITHQ dans le cadre du BAC en Gestion du tourisme et de l'hôtellerie et j’ai fait partie de la première cohorte. Au même moment, l’AHGM venait de créer la bourse Jean-Louis Rameau pour laquelle j’ai été le premier récipiendaire. Dans le processus de sélection, c’est Bill Brown, alors impliqué sur le conseil d’administration de l’AHGM, qui m’avait rencontré pour l’entrevue et qui est par la suite devenu mon parrain. Plus tard, quand j’ai été président de l’AHGM, il en était le directeur général. Déjà, avant même de débuter ma carrière, un lien tout spécial me liait à l’association.

C’est à l’Auberge Handfield que j’ai fait mes premiers pas dans l’hôtellerie, vers le milieu des années quatre-vingt-dix, avec M. Conrad Handfield qui jouissait d’une excellente réputation. Comme il était bien impliqué dans le milieu, c’était intéressant de le côtoyer et d’avoir accès à son regard sur l’industrie hôtelière.

Après avoir réalisé mon stage au Méridien (maintenant le Hilton Double Tree), on m’a offert un poste de responsable de l’entrepôt des marchandises non-périssables. Bien qu’heureux de poursuivre mon travail au sein de cet hôtel, j’ai rapidement eu envie d’explorer d’autres aspects de l’hôtellerie.

Ainsi, j’ai eu l’opportunité d’aller à la réception de l’Hôtel du Parc (maintenant les Résidences McGill) pour occuper entre autres le poste de directeur adjoint à la réception. Après trois ans pour cet établissement, j’ai fait le saut vers le Groupe Hôtelier Grand Château. J’ai évolué au sein de ce groupe durant cinq ans en occupant divers postes dans les ventes et opérations, dont ceux de directeur de la réception au Château Vaudreuil et directeur des ventes et marketing au Hilton Laval.

Groupe Urgo

Juste avant mes 30 ans, j’ai été nommé directeur général au Marriott SpringHill Suites Vieux-Montréal, un établissement géré par le Groupe Urgo. Durant huit ans, j’ai eu la chance de cumuler les apprentissages tout en développant une relation privilégiée avec le groupe, en plus de réaliser d’autres défis professionnels, dont celui d’accéder à la présidence du conseil de l’AHGM en 2010-2011.

J’ai ensuite bougé du côté d’Ottawa pour occuper le poste de directeur des opérations au Fairmont Château Laurier durant deux ans, puis, à Calgary où j’ai été directeur général au Sheraton Suites Calgary Eau Claire pendant deux ans.

Hotel Renaissance Montreal
Suite Corner 910 4670
Hôtel Renaissance Montréal Centre-ville

À mon retour à Montréal, on m’a offert l’opportunité de rejoindre à nouveau l’équipe de Urgo Hotels Canada, et d’ouvrir leur nouvel établissement à Montréal, l’Hôtel Renaissance. J’ai évidemment accepté avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. Ce fut l’occasion de renouer avec un groupe dont la vision d’affaire me plaît et aussi de contribuer à la naissance d’un tout nouvel établissement qui, j’espère, ferait sa marque sur le marché.

Aujourd’hui, près de cinq ans plus tard, un nouveau défi s’ouvre à moi avec l’ouverture imminente de deux hôtels dans le quartier Chinois; il s’agit d’un complexe de 273 chambres rassemblant un Hampton Inn et un Homewood Suites. Tout en conservant mon rôle de directeur général à l’Hôtel Renaissance, je superviserai les opérations de ces deux nouvelles propriétés.

En regardant derrière, quelle a été l’étape la plus marquante de votre carrière?

Je dirais que mon premier poste de directeur général a définitivement été un point tournant de ma carrière. Soudainement, il n’y avait plus de filet de sécurité. Évidemment, ça apporte son lot de stress et d'incertitudes, mais c’est aussi très formateur.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus en hôtellerie?

Je trouve ça tellement stimulant d’être connecté avec les gens (employés, propriétaires et clients) et de sentir que je peux faire la différence. Nous sommes des humains qui gérons des humains qui travaillent avec d’autres humains : ça fait beaucoup d'humains dans l'équation! Ça prend une bonne dose d’humanité et une réelle passion du métier!

Quel a été votre plus grande réalisation?

Ma plus grande réalisation à ce jour est l’ouverture de l’Hôtel Renaissance. J’ai été impliqué dès le début du projet et on s'est rapidement élevé comme un établissement reconnu du public et performant dans le marché. D’avoir réussis à monter une jeune équipe de gestion qui est restée à 80% inchangée depuis l’ouverture me rend particulièrement fier. C’est dans l’exercice de ces fonctions que j’ai remporté le « GM of the year » (Amérique) en 2016; un honneur que j’avais également remporté au Marriott SpringHill Suites Vieux-Montréal à l’époque.

Meeting Conference Setup 6110
Guestroom Standard King 4520
Hôtel Renaissance Montréal Centre-ville

Mon amour de l'hôtellerie

On a beaucoup parlé de la relève et des défis des gestionnaires qui doivent composer avec les milléniaux. Malgré les ajustements qu’ils provoquent, quelles sont leurs forces?

Les milléniaux ont une rigueur personnelle: ils sont capables d’identifier ce qu'ils veulent vraiment faire sans tomber dans le piège de la performance ou de la promesse. Cette génération qui est autant curieuse qu’elle a du front. Les milléniaux savent ce qu'ils veulent et ils ont l'audace de l'exprimer.

Conséquemment, mon plus gros défi à venir au stade de ma carrière serait d'être capable de préparer une nouvelle génération de leaders. Je considère que j'ai été choyé d’avoir été entouré de gens qui ont joué un rôle soit de mentor, de guide ou simplement de support et qui m’auront permis d’évoluer et de devenir plus performant dans mon travail. Et j’aimerais pouvoir offrir la même chose à une prochaine génération.

Avec les deux nouveaux hôtels qui ouvriront, je devrai m’entourer des gens de qualité, en qui j'ai confiance, mais je veux aussi pouvoir être capable de les élever et de leur offrir des opportunités d’avancement au fil de leurs accomplissements. L’idée est de les inspirer à ce qu’ils se développent et atteignent leur plein potentiel, les contaminer de mon amour de l'hôtellerie et leur donner des munitions pour qu'ils passent à travers les tempêtes à venir. Je crois que cette réponse est aussi grandement teintée de la situation actuelle; les plus passionnés s’accrocheront.

Quelles sont les valeurs que vous privilégiez dans votre gestion?

Le respect, l'honnêteté, la collaboration, la communication et la transparence. J'ai un style de gestion démocratique qui fait en sorte que j’inclus d’emblée les gens et j'aime connaître leur opinion. Par contre, je suis assez ferme au niveau des objectifs et des attentes. De plus, c’est essentiel de créer un environnement de travail où les gens se sentent valorisés. Et à travers tout ça, il faut qu'on s'amuse.

Quelle marque aimeriez-vous laisser?

J'aimerais laisser l'image de quelqu'un qui a contribué au développement de l'industrie et à son rayonnement, qui plus est, qui a pu avoir une incidence positive dans la vie professionnelle des individus qui m’auront côtoyé.

Vous avez occupé le rôle de président du conseil d’administration de l’Association des hôtels du Grand Montréal et pourtant, vous avez décidé d’y revenir à titre d’administrateur. Pourquoi est-ce important pour vous de vous impliquer?

Avant tout, parce que mon premier séjour à l’AHGM fut très plaisant. Cependant, il a été écourté dû à mon départ de la ville. J'avais le goût de contribuer dans un contexte différent où l'association s’est transformée en une organisation inclusive, proactive, dynamique et innovatrice. Par ailleurs, c’est un privilège d'avoir la possibilité d'exprimer mon point de vue et de participer à un processus qui va amener un impact tangible sur notre industrie.

Montréal a une âme

Nous terminons toujours les entrevues de portraits d’hôteliers par la même question : Si vous aviez un souhait à formuler, quel serait-il?

Il est difficile de répondre à cette question, car la situation actuelle vient mélanger un peu les souhaits… J'espère demeurer dans l'industrie et toujours ressentir cette envie de contribuer et de faire une différence pour le propriétaire, pour les employés, pour les clients. Mon souhait serait qu'on puisse être capable d'amener notre belle ville au niveau où elle était et même encore plus loin. Je pense qu’au-delà de sa beauté, Montréal a une âme ce qui lui confère un potentiel de croissance immense.